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La marche funèbre

octobre 20, 2010
by

#joanjettstyle


 

Je pense que je pourrais passer mon temps à le regarder marcher. Ça me suffirait. Je me mettrais juste derrière lui, un peu en retrait, et je ne le quitterais pas des yeux. Mes pas emboiteraient les siens, en cadence. Je respirerais à pleins poumons la fumée de sa cigarette. Je sentirais les effluves de son parfum. Peu importe la direction, vraiment. Je copierais le mouvement de son bassin. Comme lui, je laisserais mes bras balancer en rythme le long de mes cuisses, sans jamais les toucher, et je frôlerais de mes doigts moites mon jean glacé.

Il ne sentirait pas ma présence. Je me contenterais de souffler une brise chaude sur sa nuque dégagée. Cet érotisme raffiné. La seule partie de sa chair qu’il oserait me dévoiler. Là où tout semble se mêler et se démêler, la tête et le corps, l’entendement et la sensualité. C’est là aussi qu’il serait le plus vulnérable. Je pourrais alors le frapper d’un coup sec sans qu’il ne me soupçonne ou poser mes mains autour de son cou et les serrer jusqu’à ce qu’il me supplie d’arrêter.

Et dans un dernier élan,  je lui susurrerais au creux de son oreille « I’m your ch-ch-ch-ch-cherry bomb » en faisant volontairement claquer mes lèvres pour que le dernier mot résonne dans ses tympans.

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