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L’échappée belle

octobre 16, 2010
by

#lafuite


 

 

Thomas était arrivé juste au bon moment. Avec sa voiture de course et ses rêves démesurés, il voulait m’enlever et je ne demandais qu’à partir. Il m’aimait et j’étais seule, je me suis dit qu’on arriverait bien à s’arranger. Qu’ensemble on arriverait probablement quelque part.

De toute façon, à mes yeux n’importe où était mieux qu’ici. Je n’avais plus rien à perdre, plus rien à prouver. J’aspirais juste à recommencer tout à zéro. Peut-être qu’on arriverait à faire quelque chose de nous deux.

Il devait venir me chercher avec son bolide. Il avait un plan pour nous sortir d’ici et j’avais un peu d’argent de côté. On n’aurait pas besoin d’aller très loin. On traverserait simplement la frontière jusqu’à la prochaine ville, on se trouverait tout les deux un boulot dans l’espoir d’enfin découvrir ce que cela signifiait de vivre.

Je ne le connaissais pas depuis longtemps mais il me rendait la vie plus facile. Moins vulnérable, le soir j’arrivais à oublier de penser à l’autre et je dormais à nouveau. Ses projets insensés me gardaient l’esprit occupé si bien que même le matin je restais longtemps éveillée avant de me rappeler que j’avais le cœur brisé.

Mais mes doutes sont arrivés en même temps que la voiture qui devait m’emmener loin d’ici. Je me souviens qu’on a commencé à conduire. Il roulait tellement vite que le sang m’est monté à la tête comme si j’étais ivre. Les lumières de la ville sont apparues droit devant nous et sentir son bras puissant autour de mes épaules avait quelque chose de confortable. J’avais l’impression d’exister, d’appartenir à quelque chose et de pouvoir recommencer.

On est resté longtemps dans sa voiture. On a beaucoup roulé, comme pour oublier ou pour s’occuper. Je m’imaginais bosser comme caissière dans une moyenne surface pendant qu’il ne trouverait pas de travail. J’essayais de croire que ça s’arrangerait. Que bientôt il trouverait de quoi gagner sa vie, que j’aurais rapidement une promotion et qu’on pourrait vite se trouver un logement correct. On achèterait une grande maison en banlieue. Il aurait toujours son bolide et j’aurais un travail qui paierait nos factures. Il resterait souvent tard le soir au bar à boire avec ses amis plutôt qu’à voir ses enfants. J’avais toujours espéré plus de la vie, mais peut-être qu’ensemble on pourrait trouver.

Mais je n’ai jamais eu le cran de descendre. La solitude me dévorait et avec un tel besoin de compagnie et d’attention mon cœur était devenu un organe hystérique sur lequel je ne pouvais plus compter. C’est comme ça que Thomas était entré dans ma vie. Mais je n’allais nulle part. Alors je lui ai dit de garder son bolide et de continuer de conduire pour draguer les filles. Il valait sûrement mieux vivre comme ça pour lui plutôt que de mourir ici comme moi.

One Comment leave one →
  1. mam permalink
    octobre 19, 2010 5:33

    bravo ma Garance!
    c’est beau et triste, fougueux…
    on le voit ce Thomas avec son bolide et sa belle gueule d’ange
    le site est plus lisible, toujours aussi chic!
    bravo aussi à toute 2 pour Jules et Jim
    mam

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