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Nothing happens unless first we dream

avril 9, 2010
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#turêvesmafille


 

Le rêve commence bizarrement déjà. Comme une mise en abyme. Parce que je me réveille, mais dans mon rêve. Je suis dans la chambre de ma mère. Où, dans la vraie vie, je viens de m’endormir avec Felipe après avoir pris le petit déjeuner. Sauf que là je me réveille et qu’il est tard, genre comme si on avait dormi through the day. Je sais ça se dit pas en français, mais y’a des expressions anglaises comme celle-là qui retranscrivent mieux les images. Dans ma tête il est 22h quelque chose comme ça. Enfin dans mon rêve. Et déjà je suis paniquée d’avoir laissé filer une journée de vacances. Et puis y’a un truc dans l’air qui tourne pas rond non plus. Je me tourne vers Felipe pour voir s’il dort sauf qu’il y a un mec couché à côté de lui qui commence à remuer. Et y’a du bruit en bas, beaucoup de bruit. Je commence à secouer Felipe pour comprendre. Il se lève lentement alors que ma panique augmente. J’aime pas quand je ne contrôle pas ce qu’il passe. Surtout si c’est chez moi. Ce mec à côté de lui je le connais pas, mais je suis sûre que c’est un de ses plans culs obsessionnels du moment. J’ai jamais rien eu contre les gays, mais là, au réveil, j’ai pas envie de savoir ce que ce type fout là. Et puis c’est quoi ce vacarme en bas ?

Je suis déjà passablement énervée quand Felipe m’annonce d’un air désabusé que le bruit vient de tout les gens qu’il a invité pour la fête. Il a l’air serein, moi j’hallucine. J’ai envie de crier. D’ailleurs je ne me gène pas pour le faire ; c’est mon rêve en même temps : « Mais d’où t’as organisé une fête ? Ici en plus ? Et je connais personne. Et t’organise une fête et ensuite tu viens te coucher ? T’es complètement inconscient ! C’est super fragile ici. Tu te rends compte ce qu’il nous arrive si quelqu’un pète un truc ? La plupart des objets sont irremplaçables. Et puis y’a tous les disc durs externes de ma mère. Si quelqu’un les vole !! C’est toute sa carrière qui disparaît. Putain mais genre pourquoi tu ferais un truc pareil?! » La panique commence vraiment à me posséder entièrement sauf que tout autour de moi reste terriblement plat. C’est d’une horrible frustration ! Je hurle, j’ai peur, on entend les sons, ils m’incommodent d’ailleurs, mais aucune émotion n’arrive aux gens qui m’entourent. Felipe, impassible, me dit qu’il m’a demandé l’autorisation, pendant qu’on dormait, et que j’ai dit oui. Pourtant je suis sûre que c’est faux. Je suis beaucoup trop épuisée. J’ai pas assez dormi et j’aurai jamais organisé une fête en partant me coucher.

Le mec à côté de lui est toujours là. Lui non plus n’a pas l’air de saisir l’ampleur de la situation. Il me dégoûte. Sa présence et son silence me dégoûtent. Et puis je suis terrifiée à l’idée de voir les dégâts en bas. En descendant je croise plein de gens dans l’escalier mais j’ai l’impression de ne connaître personne. C’est un sentiment horrible d’être chez soi mais de s’y sentir tellement étranger. Soudain quelqu’un m’alpague : deux filles, blondes, assez excitées, qui parlent fort avec des verres à la main. Quand je les regarde j’ai l’impression de les connaître même si je ne peux pas dire qui c’est, et que dans la vraie vie ce genre de situation ne m’arrive jamais. Elles veulent s’assurer que justement je les reconnais bien pour être sûres que je ne vais pas les virer de chez moi. Elles m’énervent avec leur comportement opportuniste. En plus c’est bien simple là j’ai envie d’exploser et que tout le monde disparaisse. Mais j’ai un truc plus important à faire d’abord : voir la maison, vérifier la verrière et m’assurer que la vertèbre de baleine est toujours en place. J’ai tellement peur de ce que je vais trouver, je mets dix mille ans à atteindre le salon alors que c’est pas si loin en vrai. Et bien sûr la porte du patio est complètement détruite. J’en étais sûre. Je vais tuer Felipe. Je retourne vers l’escalier et j’essaye de l’appeler, plus calmement parce que tout le monde me regarde mal. Apparemment ma mauvaise humeur gâche leur fête. Chez moi, putain ! Le temps qu’il descende j’ai le temps de m’imaginer entrain d’écraser la tête des deux blondes sur le mur de l’entrée. « Regarde la gueule du patio ! Qu’est-ce que je vais faire ? Qu’est-ce que je vais dire à ma mère ? Tu te rends compte combien ca coûte à remplacer ? La porte est complètement niquée ! Et on n’a pas d’argent ! Pourquoi tu les a laissé ouvrir ce truc ? Tu sais bien que c’est impossible à faire si on ne sait pas comment ça fonctionne. » Pendant que je hurle encore, je regarde la porte pétée et je me mets à pleurer. C’est l’horreur ce rêve. Surtout que j’ai tellement l’impression que c’est vrai que je n’arrive pas à en sortir. Je veux virer tous ces gens ! Je crie, je hurle dans tous les sens. Y’a des sons qui sortent mais personne ne réagit. Ma rage me reste coincée en travers de la gorge. Alors je fais ce que je fais de mieux quand je suis sur le point de péter un câble : je me casse, je fonce sur la porte d’entrée et je fuis.

La porte claque et j’arrive dans un gymnase, où tout le monde se bat et se court après. On dirait le gymnase de mon lycée, mais les gens sont ceux de maintenant. Ils n’ont rien à voir et puis c’est le bordel. Y’a des gens de sciences po, mais de plein d’années différentes, et même de ceux qui ne sont plus à l’IEP depuis longtemps. Y’a aussi des gens de ma famille. Je vois des mecs que j’aime bien, même si je leur ai jamais parlé, ou presque. Ca me rassure un peu. Mais je ne comprends toujours pas ce qu’il se passe même si apparemment il faut courir, parce qu’il y a des gens qui arrivent et qu’il faut surtout pas se faire chopper. Je flippe vachement, la rage s’en va mais la peur prend le dessus. Je monte des escaliers et j’arrive sur la place de la République. De Lille. C’est vide, enfin il n’y a personne de ceux qui couraient dans le gymnase et qui semblaient fuir la même menace que moi. A part une prof, qui loue des quads, et qui me dit que la fermeture est dans ¼ d’heure mais que si je me dépêche je peux sûrement arriver à rejoindre les autres à temps. Je n’ai jamais été aussi perdue, je ne comprends rien. En plus ça à l’air cher ce quad, et j’ai déjà pas d’argent pour aider ma mère à payer la verrière. Mais j’ai trop peur, les gens se rapprochent et il faut surtout pas qu’ils me choppent, ça j’ai bien compris. Alors je monte sur le quad, même si je me souviens à ce moment là qu’avec mon attelle ça ne va pas être facile à faire fonctionner. Mais le truc démarre. Et je fonce. Nulle part, partout, vers l’infini et au delà. Je suis seule et ça me terrorise. Et puis tout d’un coup je suis de retour dans le gymnase. Mais il est vide cette fois. C’est oppressant. Et puis je ne sais pas ce qui m’attend. Je suis seule. Et je flippe.

Il y a une porte au fond, alors je fonce, parce que le silence m’écrase. Et là j’arrive dans la maison de campagne de mon ex. Il fait noir, mais je me sens déjà un peu mieux. Je connais l’endroit même si ça fait longtemps que je n’y ai pas été. Peut être que je le verrai… Il y a du bruit au loin, des voix que je connais, genre Felipe, Pierre et Razout. Je ne suis pas seule déjà, ça fait plaisir. J’avance dans la pièce, mais je reçois une fléchette en mousse dans le cou. Je me retourne pour apercevoir une ombre sur la mezzanine. C’est ce mec, Stan, qui était à sciences po avant et qui est mignon, mais que je ne connais pas. Je l’avais vu dans le gymnase plus tôt. Il a une arbalète, un truc qui t’envoie un essaim de flèches dans la gueule sans même que t’ai le temps de rien faire. Et il m’a pris pour cible. Il décoche ses traits pendant que je me remets à courir. Ça me rappelle un jeu que je faisais avec mon père quand j’étais petite. Mais c’est dans le noir là donc je recommence à avoir peur. J’arrive dans une cage d’escalier et je sens le mec qui approche juste derrière. Je sais que je ne peux pas me retourner sinon c’est fini, je vais être faîte comme un lapin. Je saute des volées de marches, j’ai tellement peur de me faire attraper, je veux aller super vite, je me laisse tomber dans le vide. Mais Stan est toujours derrière et pas loin en plus. Les autres voix se sont éloignées maintenant, on est tout seul, et je cours de plus en plus vite sans parvenir à le semer ne serait-ce qu’un tout petit peu. Mais la course poursuite a cette fois quelque chose de maladivement attirant. Ça me rappelle quand j’étais petite, que je jouais à chat et que je me cachais derrière un arbre. Je me mettais à tourner autour pour éviter de me faire prendre pendant que le chat tournait dans l’autre sens et essayait de piéger en changeant de côté. J’avais tellement peur de ces moments, tellement peur d’être surprise que la crainte générait en moi un désir profondément malsain de me rendre en me jetant dans les bras du loup pour être protégée. #syndromedestockholm?

Or, là, justement, je sais bien que c’est perdu avec Stan. J’arriverais pas à m’en débarrasser. En plus au fond j’ai pas envie. Il me poursuit avec ses flèches et j’ai envie qu’il m’attrape. Alors je me rends, épuisée, au moment où on arrive enfin en bas de cette immense cage d’escalier. Je me retourne face à lui. J’ai l’impression qu’il me veut, qu’il me désire terriblement. Mais je refuse de faire le premier pas, pour pas avoir l’air bête. Il reste immobile, et la tension est énorme. Plus il ne fait rien, plus le temps passe et plus je deviens folle. Si ça se trouve j’ai tort, j’ai rien compris, il a pas du tout envie de moi et il ne va rien se passer. Et au fond même moi j’ai pas tellement envie que ça de l’embrasser. Mais j’ai terriblement besoin d’être dans ses bras. Et je suis fatiguée. Et ma tête est lourde. Et je peux plus me retenir alors je la pose sur son t-shirt, éreintée. Il me prend tendrement contre lui en me caressant les cheveux. Et c’est bien, même si je suis déçue parce que j’avais l’impression qu’il était fou de moi alors que là on dirait plutôt une forme d’amour fraternel ou paternel.

Et puis un groupe de personne passe. Ils viennent chercher Stan pour son exam. Apparemment c’est pour ça qu’on est tous là. On n’est plus dans la maison de campagne de mon ex depuis longtemps. Non là on est dans les sous-sols d’un autre gymnase. Un centre dans lequel je venais faire des compétitions de volley quand j’étais au lycée. Dans le groupe je ne reconnais que Razout, donc ça doit être pour l’ENA. Et Stan doit partir. C’est le moment akward du « au revoir ». Quand, encore une fois, tu sais pas quoi faire, parce que t’as envie, mais t’oses pas parce que tu veux pas te prendre un vent. Alors tu laisses partir l’autre sans rien dire plutôt que de froisser ton amour propre. Là il est justement entrain de me dire au revoir, mais sans effusion aucune. Donc je pars la première, courageuse, ou plutôt résignée. Je ne me retourne surtout pas, il faut pas être faible dans ces moments là.

Je passe une nouvelle porte et j’arrive dans une sorte de salon aménagé où tout le monde attend. Felipe joue sur son iPhone, Vadim parle avec lui et Pierre est assis en face. Personne ne fait attention à moi. Mais je suis déjà trop dégoûtée par ma passion ratée avec Stan pour m’en préoccuper. Je m’assoie en silence sur un fauteuil et je sens quelqu’un venir près de moi, un peu comme un chat. Je sais que c’est une personne, mais dans mon rêve on dirait un animal de compagnie qui vient se mettre contre moi pour me consoler. Il s’est assis un peu en dessous de moi et comme j’ai toujours l’impression que c’est un chat je lui caresse les cheveux pour m’apaiser et qu’il ronronne. Et, seulement à ce moment là, je réalise que c’est Vadim. Pendant que je passe ma main dans ses cheveux je vois deux lignes de tatouage dans son cou. Ces lignes changent, en fonction des tweets qu’il poste. Là il est entrain de twitter à propos de la pièce et des gens qui passent. Il met quelque chose sur une fille à laquelle il tient même s’il est froid. Et je demande si c’est moi. Mais il répond pas. Mais je suis la seule fille là. Et une autre ligne de tweet apparaît, juste en dessous, avec un message qui dit « Le silence, une affirmation de l’écoute. » Alors, seulement, je me réveille.

One Comment leave one →
  1. avril 12, 2010 2:02

    Ça c'est du rêve, sans queue ni tête, un début pas de fin, une fin qui n'a pas de début. On voudrait que tu te réveilles pour t'éviter tous ces sentiments de peur et d'angoisse mais on te laisserait bien dormir pour que tu nous en dises plus…qu'on essaie de comprendre pourquoi la Garance de ce rêve semble si vraie mais en même temps si méconnaissable de notre (ma) Garance…A quand le prochain?Queen S

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